Aujourd'hui, le monde se renverse un peu. Une fine pluie de mélancolie s'est acharnée à me noyer.
En vain. Mais j'ai été touchée.
C'est alors que je fini ma journée de boulot.
La gorge nouée, le mal de ventre, les bouffées de chaleur et bientôt l'envie de pleurer.
Je me sens loin. Trop loin. Et je me sens bête. Bien trop aussi, pour pouvoir relativiser.
Ce midi, j'allais mal. Il s'est amusé à me pousser à bout, lui,
ce petit machin qui ne vit que depuis une quinzaine d'année, à peine.
Il a réussi. J'étais en colère. J'étais enragée. Je l'aurais gifflé, si on me l'avait autorisé.
Mais non. Je suis restée neutre. Enfin pas tout a fait.
Et je n'ai rien fait. Je me suis tue, pour ne pas envenimer les choses.
Je sais que j'ai plus de force que cette petite chose. Je sais de quoi je suis capable.
Mes dix années m'ont donnée plus de répartie qu'il ne peut l'imaginer.
J'aurai pu. Je pense que j'ai bien fait. 

Bien fait de ne rien faire.

Mais voilà. Ce midi, j'allais mal. Ce midi, j'ai appelé à l'aide. En vain.
Ce midi, il était avec une autre. Et je suis malade des autres.
Surtout quand il ne me répond pas.
Je deviens chèvre, je deviens bête à manger du foin. La jalousie.
Stupide sentiment égoiste et égocentrique aussi inutile que le H de mon prénom !
Pourquoi? Ca me complique la vie, ça me fend le coeur et je ne me reconnais pas.
Il faudrait que je me reprenne. On m'a conseillé de me taire, l'autre jour. On me l'a conseillé.
Et on a rajouté "La jalousie ne l'empêchera pas de te tromper, si ça devait arriver, ça arrivera." 
Frayeur. Peur. Manque de confiance en soi.
L'amour me tuera, si je ne me contrôle pas mieux que ça.